Margot Medkour, candidate en 2020 avec le soutien de La France insoumise, repart en campagne municipale avec le collectif citoyen « Nantes populaire ». Officiellement, la tête de liste n’est pas désignée. Les premières mesures sont dévoilées : création de marchés municipaux pour lutter contre la vie chère et agence municipale du logement pour réguler le marché immobilier.

Est-ce que « Nantes populaire » aura une liste aux municipales ?

« Oui, on est prêts à déposer une candidature aux élections des 15 et 22 mars prochains. »

La majorité actuelle ? « Des valeurs qui ne nous conviennent pas »

« Aujourd’hui, le débat se fait surtout entre Johanna Rolland (maire PS de Nantes et présidente de Nantes métropole) et Foulques Chombart de Lauwe (candidat Les Républicains), entre’’Mme Tout va bien’’ et’’M. Nantes, ca craint’’. Entre l’équipe qui a peur de perdre sa place et celle qui agite la peur comme seul slogan. Il manque une incarnation forte dans le débat politique local, et surtout, une opposition progressiste. »

Victoria Pressigout : « On est un mouvement d’habitants qui a envie de faire bouger les lignes du débat local. Nantes est devenue trop chère et celles et ceux qui font vivre la métropole se retrouvent à devoir vivre en dehors du territoire. La politique menée, c’est la gentrification de quartiers avec, à la clé, l’exclusion des classes populaires. » 

« Des supermarchés municipaux pour lutter contre la vie chère »

« Nous, on dévoile des mesures très concrètes. Par exemple, la création de supermarchés municipaux pour lutter contre la vie chère et la précarité alimentaire. (…) Il y a une augmentation délirante du nombre de supérettes portées par de grands groupes dans la ville avec, dans le même temps, une disparition des commerces populaires de proximité. (…)

C’est l’une des propositions phares du programme de Zohran Mamdani, nouveau maire de New York. Si on peut le faire à New York, au cœur du néolibéralisme, je pense qu’on peut le faire à Nantes. »

« On n’a toujours pas de plafonnement des loyers… »
« La mise en place d’une agence municipale du logement pour rompre avec la politique de soutien aux promoteurs immobiliers. 

Le constat, c’est l’augmentation des prix du logement, que ce soit à l’achat ou à la location. Le choix de la Métropole, c’est de prendre le parti des promoteurs immobiliers. Jusqu’à les soutenir quand ils n’arrivent plus à écouler leurs stocks d’appartements invendus. La métropole a mis 47 millions d’euros d’argent public sur la table pour aider les organismes HLM à racheter des logements qui ne trouvaient pas preneurs. (…)

Et en plus, on n’a toujours pas de plafonnement des loyers. (…)

On est la seule grande ville en France dirigée par une personnalité du PS, qui n’a pas mis en place cette mesure.

« Nous portons la création d’une agence municipale du logement »

Nous proposons de construire, sous la tutelle de l’agence municipale du logement, 10 000 logements T1, avec des espaces collectifs partagés, pour casser la spéculation sur les studios. L’idée, c’est de proposer des studios de 20/25 m² à 300 €/mois. Et il faudra batailler sur la procédure d’encadrement des loyers, qui prévoit de fixer un loyer médian avec la préfecture. Il faudra engager un rapport de force pour tendre vers un prix se situant autour de 10 €/m2. L’agence municipale du logement agira aussi comme une sorte d’agence FBI contre les logements indignes aux côtés des habitants. Ensuite, il faut arrêter d’avoir pour objectif de faire grossir cette ville. Elle a des limites physiques, des limites d’approvisionnement en eau.