Soutien à la mobilisation pour une école publique à la hauteur de nos enfants 

La première semaine de mandat de Johanna Rolland pour ce nouveau mandat municipal s’est ouverte sous un double mouvement de colère et de lassitude.

La semaine dernière, d’un côté, les parents et enseignants se sont rassemblés devant l’Inspection académique pour dénoncer les fermetures de classes annoncées à dans le département. De l’autre, les agents territoriaux travaillant dans les écoles manifestaient devant l’Hôtel de Ville contre des conditions de travail dégradées, un management de proximité jugé toxique et un manque chronique de remplacements, notamment chez les ATSEM. Ce mardi la mobilisation se poursuit, la FCPE 44 appelle à un rassemblement à 17h devant la préfecture de Loire-Atlantique pour dénoncer les 136 suppressions de postes prévues dans le département.

88 fermetures de classes dans le primaire et 48 suppressions de postes dans le secondaire : derrière ces chiffres, ce sont des classes surchargées, des accompagnements scolaires qui disparaissent, et des conditions d’apprentissage qui se dégradent pour les enfants. 

Évidemment, ces décisions s’inscrivent dans un contexte national marqué par la suppression de près de 4 000 postes, dont une soixantaine en Loire‑Atlantique (environ 70 fermetures de postes dans le 1er et 2nd degrés, dont 42 dans le premier degré).

L’argument officiel pour justifier ces suppressions est la baisse démographique, avec une prévision d’environ 500 000 élèves de moins d’ici cinq ans. Cette donnée pourrait pourtant être vue comme une opportunité historique pour réduire les effectifs par classe, un levier majeur pour combattre les inégalités scolaires. Les travaux internationaux convergent sur les bénéfices d’un encadrement plus resserré, alors que la France se situe malheureusement en queue de peloton : la moyenne d’élèves par classe élémentaire en France (21,5) est supérieure à celle de l’Union européenne (19), et le ratio d’élèves par enseignant.e (18) est nettement moins favorable que le ratio européen (13)Nous tenons à apporter notre soutien aux grévistes et à leurs revendications.

Nous apportons notre plein soutien aux grévistes et  aux parents mobilisés. 

Ces mobilisations, bien qu’ayant des causes distinctes, expriment au fond le même message : l’école publique est fragilisée, notamment à Nantes.

Une école à bout de souffle

Depuis plusieurs années, les personnels éducatifs, agents municipaux et familles alertent sur la dégradation continue du service public de l’éducation au niveau national. Les fermetures de classes fragilisent les écoles de quartier et contribuent à une fuite vers le privé, aggravant la ségrégation sociale. C’est particulièrement vrai en Loire-Atlantique, où le privé assure une forte part de l’enseignement.

À Nantes, les agents du périscolaire et de la restauration dénoncent régulièrement des organisations de travail intenables : horaires éclatés, temps partiels subis, pressions hiérarchiques, et un manque de reconnaissance pour des métiers devenus pourtant indispensables au bon fonctionnement des écoles. Les remplacements d’ATSEM et d’animateurs sont souvent impossibles à assurer, épuisant les équipes.

Les parents, eux, sont confrontés à une usine à gaz administrative : plusieurs factures, plusieurs interlocuteurs, une offre d’activités et de garderie inégale selon les écoles. À cette complexité s’ajoute la difficulté à comprendre les choix de la Ville, qui continue à défendre un rythme scolaire à contre-courant du reste du pays.

Face à cette accumulation de tensions, il faut une décision politique claire, cohérente et issue du terrain.

Passons à la semaine de 4 jours 

Sur ces dossiers, la responsabilité directe de la mairie est engagée. Nantes Populaire réaffirme sa proposition : le passage à la semaine de 4 jours pour les écoles publiques nantaises.
Ce choix, déjà fait par 96% des communes françaises, aurait des effets immédiats :

  • Moins de fermetures de classes, en stoppant la fuite d’élèves vers l’enseignement privé.
  • De meilleures conditions de travail pour les agents municipaux : ATSEM, animateurs, agents d’entretien, qui subissent la désorganisation du mercredi.
  • Moins de fatigue pour les élèves et les enseignants, et des emplois du temps plus clairs pour les familles.
  • Un service public local d’éducation populaire fort, en regroupant les temps périscolaires et les centres de loisirs au sein d’un même projet pédagogique.

Aujourd’hui, maintenir la semaine de 4,5 jours coûte plus cher à la ville, car l’État ne finance plus ce modèle. Le passage à 4 jours est donc aussi une mesure efficiente : les économies réalisées permettront de renforcer les effectifs éducatifs et d’animation, sans surcoût pour les familles.

Nous avons défendu Pour un vrai projet d’éducation populaire!

Le mercredi libéré pourrait devenir un temps fort d’éducation populaire : un espace d’apprentissage, de culture et d’émancipation, articulé autour de l’histoire de Nantes et de ses quartiers, et de la vie associative. 

Ce changement permettra aussi :

  • Une simplification pour les familles, avec un interlocuteur unique et des démarches unifiées.
  • Une stabilisation de l’emploi public local : passage des temps partiels subis à des postes complets, recrutement de nouveaux personnels, et amélioration du dialogue social dans les écoles.

Nous  rappelons  enfin que la baisse des effectifs du public et la fermeture des classes aggravent la ségrégation scolaire. Offrir des conditions de scolarisation stables, accueillantes et bien encadrées, c’est défendre l’école publique, la mixité et le droit à l’éducation pour tous les enfants — y compris ceux vivant en bidonvilles ou sans logement.