La jeunesse est un sujet trop sérieux pour être réduit à des discours sur les valeurs ou à des mesurettes saupoudrées au gré des mandats.

Trop souvent, la politique municipale s’occupe de ceux qui s’en sortent déjà. Les enfants des classes populaires, eux, font face au silence. Entre 15 et 20 ans, il n’y a presque rien : aucune structure dédiée, aucun accompagnement, si ce n’est pour quelques jeunes avec des projets professionnels déjà tracés. Pour les autres, silence radio.

Nous refusons ce statu quo. Parce que c’est dans l’enfance et l’adolescence que se fabriquent les vraies inégalités — et que nous choisissons de les combattre.

Le diagnostic

L’orientation scolaire reproduit les inégalités. Combien d’enfants ont été envoyés vers des filières professionnelles ou manuelles, non par envie, mais par simple appartenance sociale ? Comme si être issu des classes populaires condamnait à ne jamais faire d’études longues.

Les stages sont réservés aux pistonnés. La métropole nantaise regorge de métiers, d’entreprises, de structures publiques et associatives. Pourtant, quasiment aucun jeune des quartiers populaires n’y fait de stage. L’accès aux réseaux reste le privilège de ceux qui les ont déjà.

40 % des enfants de classes populaires ne partent pas en vacances. Quarante pour cent. C’est énorme. C’est injuste. C’est évitable. Le droit au repos, à la découverte, à la respiration, ne peut pas rester un privilège réservé à ceux qui peuvent se payer une location à 1 000 euros la semaine.

Les parents isolés sont laissés sans soutien. Des milliers de parents élèvent seuls leurs enfants à Nantes — très souvent des femmes, très souvent des travailleuses précaires. Il existait un lieu de répit au Breil, ouvert même la nuit et le week-end. Il a été déplacé à La Montagne. Résultat : celles et ceux qui en ont le plus besoin n’y ont plus accès.

Nos propositions

Enjeu 1 : Ouvrir les horizons, combattre les inégalités dès l’enfance

  1. Un droit au stage garanti pour tou·tes les jeunes

Nous voulons ouvrir grand les portes de la ville, de la métropole, des structures para-publiques, des associations et des clubs sportifs aux jeunes de 3ème et de lycée.

Concrètement :

  • La collectivité et ses satellites s’engagent à accueillir des stagiaires issus de tous les quartiers, sans réseau ni piston requis
  • Un dispositif de mise en relation directe entre les jeunes, les établissements scolaires et les structures d’accueil
  • Un accent particulier sur les quartiers populaires et les familles les plus éloignées des réseaux professionnels

Montrer, faire découvrir, donner le goût d’agir : voilà comment on change des trajectoires.

  1. Des espaces gérés par les jeunes eux-mêmes

Nous voulons créer des lieux où les jeunes se retrouvent, s’organisent, créent, montent leurs projets collectifs. Des espaces vivants, qu’ils dirigent, qu’ils habitent, qu’ils transforment — pas des structures descendantes où l’on vient consommer une activité.

Ces lieux s’appuieront sur les initiatives qui existent déjà dans certains quartiers. Nous les soutiendrons, les renforcerons, les multiplierons.

Enjeu 2 : Le droit aux vacances pour toutes et tous

En France, 40 % des enfants ne partent pas en vacances. À Nantes, la réalité n’est pas différente. Ce n’est pas une fatalité : c’est un choix politique que de laisser faire.

  1. Une politique municipale des vacances populaires

Nous voulons garantir ce droit toute l’année :

  • Des séjours d’été accessibles à tous les enfants et adolescents
  • Des week-ends et des séjours courts tout au long de l’année
  • Des temps intergénérationnels — enfants, jeunes, familles, seniors — pour créer des moments de rencontre et de mixité

Pour que ce droit soit réel et durable, il faut sortir des logiques marchandes. Cela signifie investir dans du solide, du public, du commun.

Nous proposons que la ville acquière des terrains, des bâtiments, des centres d’accueil pour y installer une infrastructure pérenne de vacances populaires. Ce n’est pas une dépense : c’est un investissement.

Enjeu 3 : Soutenir les parents, en particulier ceux qui élèvent seuls leurs enfants

Les enfants de Nantes ne sont pas seulement « leurs » enfants : ce sont les enfants de toute la ville. Nous en portons la responsabilité collective.

  1. Des lieux de répit, proches des habitants

Nous voulons recréer des lieux de répit de proximité — comme celui qui existait au Breil — et en ouvrir de nouveaux dans les quartiers qui en ont besoin.

Ces lieux s’adressent à :

  • Une mère solo qui doit souffler un week-end pour tenir la semaine suivante
  • Un parent qui doit gérer des démarches administratives sans avoir un enfant sur les genoux toute la journée
  • Un aidant qui s’occupe d’un proche et qui n’a, jamais, aucun moment pour lui

Ces espaces seront gérés par des professionnels, mais conçus aussi pour l’entraide : des personnes âgées qui donnent un coup de main avec les enfants, des adolescents qui soutiennent des seniors. Une ville qui prend soin d’elle-même, génération après génération.

Élever un enfant, c’est une affaire commune

Ce que nous proposons, c’est une rupture avec l’abandon silencieux.

Pas de grandes annonces sans lendemain. Pas de dispositifs réservés à ceux qui s’en sortent déjà. Une vraie politique de l’enfance et de la jeunesse : des lieux ouverts, des stages accessibles, des vacances pour toutes et tous, des parents soutenus.

Une ville qui s’occupe de ses jeunes, c’est une ville qui prépare son avenir. Une ville qui s’occupe de ses parents, c’est une ville qui tient debout.

C’est ça, Nantes populaire.