10 mesures pour que Nantes redevienne populaire
1. Ouvrir des supermarchés municipaux contre la vie chère
Les prix explosent : 37% de la population souffre d’insécurité alimentaire.
Les prix des courses explosent (+22% depuis 2021), car quelques groupes détiennent un quasi-monopole.
Les marges de la grande distribution ont explosé de 28% à 48% entre 2021 et 2023. Depuis 2010, Carrefour est passé de 4 à 30 magasins à Nantes, tandis que les commerces populaires disparaissent les uns après les autres.
Tout le système de la grande distribution dysfonctionne : les salariés et les agriculteurs sont précaires, les prix à la vente sont élevés.
Notre réponse :
Créer des supermarchés municipaux, en commençant par les quartiers qui manquent de commerces abordables. Ces supermarchés municipaux permettraient à tout le monde de se nourrir correctement. C’est possible et bénéfique :
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- une sélection de produits du quotidien, moins chers.
- des produits locaux, au maximum, pour développer des filières locales de production.
- un recrutement local, dans de bonnes conditions de travail.
- les recettes bénéficieraient au quartier, plutôt qu’à des groupes impliqués dans la colonisation en Palestine et la Françafrique.
- un espace de sociabilité dans chaque supermarché.
2. CRÉER 10 000 T1 BON MARCHÉ ET UNE AGENCE MUNICIPALE DU LOGEMENT
En dix ans, les loyers ont explosé à Nantes, avec une augmentation de 9,6 % rien qu’en 2024. À l’achat, les prix immobiliers ont été multipliés par 2,5 en 15 ans. Le résultat, c’est que de nombreuses familles doivent quitter Nantes pour aller habiter ailleurs.
La municipalité communique sur la construction de logements sociaux. En réalité, 38 000 demandes de logement social sont en attente, tandis que les objectifs officiels de construction de HLM sont de seulement 2 000 par an : il faudrait 15 ans pour vider la liste d’attente, si plus personne ne s’y inscrivait ! Pire encore, les organismes HLM ont dépensé plus d’un milliard d’euros pour racheter aux promoteurs des appartements invendus trop chers.
Notre réponse :
Reprendre en main la politique du logement, en créant une Agence Municipale du Logement, dont l’objectif sera de faire baisser les prix des logements à Nantes. Elle aura plusieurs missions:
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- Mettre en place et contrôler le plafonnement des loyers
Annoncé en 2021, il n’est toujours pas en place. Entretemps, les loyers continuent d’augmenter.
2. Le « FBI » du logement pourri
Les propriétaires sont en position de force, pour demander toujours plus de garanties, négocier les prix à la hausse, ou louer des passoires thermiques. Le Front contre les Brigands de l’Immobilier interviendra pour soutenir les locataires face aux mauvais bailleurs.
3. Construire et louer 10 000 T1 bon marché,
Pensés en priorité pour les jeunes étudiants et travailleurs, dans des résidences avec une vie collective, des services et des espaces partagés, sans artificialiser les terres.
Objectifs :
- Stopper la spéculation immobilière sur les studios dont les prix atteignent des sommets (+ de 18€/m²)
- Libérer les grands logements transformés en plusieurs studios, pour permettre aux familles de rester sur Nantes.
4. Contrôler les locations saisonnières (Airbnb)
3. Créer un réseau de bus rapides et gratuits pour les 100 communes du pays nantais
Aujourd’hui, les transports efficaces tels que les tramway et les bus à haut niveau de service sont concentrés à Nantes et dans les communes limitrophes. Pourtant, 40% des actifs travaillent dans une commune différente de leur lieu de résidence. Il y a 118 communes périphériques de la ville de Nantes dans lesquelles au moins 15% des actifs travaillent au sein de la métropole nantaise.
Le résultat, c’est que le trafic automobile et les embouteillages continuent d’augmenter. Aujourd’hui, on passe en moyenne 4 jours par an dans les bouchons à Nantes.
Il faut une alternative réelle pour les gens qui font l’aller-retour entre les communes du pays nantais et du pays de Retz, et les zones d’activité dans la métropole !
Notre réponse :
Créer un Réseau de Bus Rapides du Pays nantais : ils seront gratuits,et la première brique d’un Réseau d’Égalité Territoriale à l’échelle d’au moins 116 communes. Ainsi, ces bus seront plus rapides que la voiture aux heures de pointe. Nous prévoyons 8 lignes pour une ouverture en 2027.
Créer un RER métropolitain ambitieux : de nouvelles gares sur les lignes ferroviaires existantes, un train toutes les 15 minutes, un service de 5h à minuit.
Pour le réseau Naolib existant :
- Gratuité des transports pour les Nantais qui gagnent moins – de 1600€ par mois.
- Gratuité à partir de 20h le soir (sécurité) en plus du weekend, jusqu’à 6h du matin
- Améliorer l’amplitude horaire, notamment le matin et le soir dans les zones d’activité économique.
- Simplification de l’accès à la tarification solidaire.
4. Ouvrir un centre des arts et savoirs communal
Le projet :
Ouvrir un Centre des Arts et des Savoirs, un lieu d’effervescence artistique permanente, dans le marché de Feltre (C&A en cours de fermeture).
Le CASC sera un lieu de rencontres, de partage, de fête et d’apprentissage, en plein centre, accessible gratuitement et proposant une programmation éclectique dans le bâtiment de + de 5000 m² et sur les places alentours.
Nous voulons un espace vivant, ouvert et accessible, où toutes les générations se retrouveraient autour d’un café et d’un babyfoot, où l’art côtoierait le tumulte social
Fonctionnement :
Le CASC invitera toute l’année des collectifs à prendre en charge la programmation, avec des budgets et des temps d’occupation adaptés à leurs besoins. Les espaces, modulables, alterneront entre vastes zones polyvalentes et recoins plus intimistes.
Le lieu, municipalisé, accueillera un buvette et un restaurant populaire à bas prix avec des produits locaux.
Le sous-sol, lieu de stockage, proposera du matériel mutualisé pour les événements artistiques et associatifs.
1. CRÉER UN COMITÉ CULTUREL POPULAIRE
Pour ouvrir les circuits culturels et favoriser l’émergence de nouvelles idées, créer un comité tournant représentant toutes les catégories d’acteurs de la culture, pour distribuer une partie du budget culturel de la ville, et auditer les propositions de collectifs.
2. UN GUICHET UNIQUE POUR L’ESPACE PUBLIC
Ce guichet unique aurait pour vocation de simplifier, clarifier et démocratiser l’accès à l’espace public.
Bref, un véritable bureau de réappropriation de l’espace public. Il s’agirait d’un dispositif transversal, soutenu par la mairie ou la métropole, servant d’interlocuteur unique pour toutes les demandes d’occupation liées à la création, la culture ou la vie citoyenne.
3. OUVRIR LES ESPACES ARTISTIQUES EXISTANTS ET EN OUVRIR DE NOUVEAUX
Les espaces du Lieu Unique sont souvent vides, tandis que les artistes et associations nantaises manquent de lieu d’expression.
Ouvrons des Maisons des Pratiques Artistiques dans la ville, des lieux encadrés par des professionnels nantais, comprenant des salles de danse, de théâtre, de musique, d’enregistrement, du matériel de création et des logiciels en accès libre.
5. Faire émerger des économies populaires de quartier pour produire de la richesse collective
Les commerces populaires ferment : à Doulon, la métropole veut fermer la casse automobile. À Bellevue, plusieurs commerces ont été démolis dans le cadre de la rénovation urbaine. À Nantes Nord, il n’y a quasiment plus de commerces de proximité. La taille des marchés populaires se réduit d’année en année.
Les habitants des quartiers populaires travaillent hors du quartier, dépensent hors du quartier. Résultat : l’argent gagné par ses habitants ne bénéficie pas au quartier, aucun emploi ne se crée, le chômage reste élevé, et il est très difficile pour les jeunes de trouver des stages. C’est un cercle vicieux qu’on peut briser en relocalisant production et consommation à l’échelle du quartier, en s’appuyant sur le savoir faire des habitant-es.
Notre réponse :
Faire émerger des économies populaires de quartier pour produire de la richesse collective, à travers le soutien aux commerces populaires existants, et la création de services gratuits ou payants pour répondre aux besoins identifiés collectivement dans le quartier.
Créons une mutuelle des commerces populaires, associant habitants, travailleurs et commune.
Protéger les commerces existants face à la hausse des loyers et la spéculation, proposer la mutualisation de locaux, des emprunts à faible taux d’intérêt. Reconnaître et aider les activités informelles qui font vivre le quartier.
Ouvrons des Centres de l’Économie Populaire.
Ouvrons dans chaque quartier des centres de l’économie populaire, financés par la mairie, accueillant des moyens de production mutualisés, des outils mutualisés, des locaux à bas prix, des ateliers de réparation et réemploi, du matériel informatique, des formations.
Les habitants du quartier pourront déterminer quels besoins doivent être remplis à l’échelle du quartier, avec un budget dédié, pour des services gratuits ou à prix modérés.
Il s’agira aussi de s’appuyer sur les savoir-faire locaux pour mener des activités de transformation écologique, et relocaliser des activités de pointe essentielles, comme la production de médicaments, d’objets du quotidien.
6. Créer une citoyenneté communale
À Nantes comme ailleurs, des milliers d’habitantes et d’habitants vivent ici depuis des années, parfois depuis des décennies, mais ne sont toujours pas reconnus comme citoyens.
Ils travaillent ici, élèvent leurs enfants ici, participent à la vie de la commune, mais ne sont pas traités à égalité.
La nationalité n’est plus le bon critère pour reconnaître l’appartenance à une ville. Ce qui fait l’appartenance, c’est la résidence et l’attachement.
Nantes a un passé portuaire lourd : l’esclavage, la colonisation. Mais elle porte aussi un héritage d’ouverture, de brassage, de cultures venues du monde entier. Assumer pleinement ce second héritage, c’est reconnaître l’égale dignité de toutes celles et ceux qui construisent la ville au quotidien, quelles que soient leurs origines ou leurs papiers. C’est aussi affirmer que la ville peut être un rempart lorsque l’État devient injuste.
Notre réponse :
Nous proposons de créer une citoyenneté communale, fondée sur la résidence.
Cette citoyenneté donnera accès à des droits concrets :
- un accompagnement municipal lors des démarches préfectorales,
- un soutien juridique en cas de refus abusifs,
- une protection renforcée en cas de politiques discriminatoires au niveau national,
- la participation pleine à la vie municipale, dans toutes les instances locales,
- l’accès aux services municipaux : CCAS, bibliothèques, agence du logement,…
Créer une citoyenneté communale donnera aussi aux habitants des droits sur la politique municipale: droit de pétition, droit d’interpellation, droit de contre-proposition, droit à l’information. Ce n’est plus « on vous demande votre avis », mais « vous avez des droits sur votre territoire ».
Cette citoyenneté sera matérialisée par une carte unique, qui pourra servir pour tous les services municipaux. Elle ne fera pas mention du genre.
7. Instituer un Parlement des Quartiers pour le pouvoir habitant
Les habitants n’ont aucun pouvoir sur les décisions qui les concernent. Les quartiers ont perdu leur vie démocratique. Les conseils de quartier actuels sont des chambres d’enregistrement où les élus viennent justifier leurs décisions déjà prises.
À l’inverse, nous défendons la création de véritables assemblées de quartier souveraines, avec un pouvoir décisionnaire sur l’aménagement, les usages des espaces publics, et une part dédiée du budget municipal, construite intégralement de façon participative.
Parce qu’il est difficile de faire émerger cette démocratie et qu’elle soit réellement investie par les habitant-es, nous voulons défendre une proposition pour stimuler la vie politique de la commune.
Notre réponse :
Créer un Parlement dans chaque quartier, et une réunion annuelle qui les réunit à l’échelle de la ville :
- des élections locales, directement dans chaque quartier vécu — Breil, Bellevue, Dervallières, Barberie, Bouffay, …
- pour chaque quartier, une dizaine de représentant·es élu·es par les habitant·es, pour porter nos priorités, nos urgences, nos idées.
- Un vrai temps de campagne, avec la possibilité de confronter des visions différentes, à une échelle où il n’y a pas besoin des moyens des grands partis pour pouvoir les diffuser.
- un budget dédié, un vrai pouvoir de décision, une consultation obligatoire sur les projets qui nous concernent.
Ce Parlement, ce serait une manière réaliste de stimuler la vie politique du quotidien, en poussant des questions concrètes sur les projets prévus dans les quartiers.
Ce serait redonner goût à la parole collective, au débat, à l’action. Nous inciter à nous organiser collectivement.
8. Ouvrir des lieux de répit pour parents et aidant·e·s, et des centres de séjour municipaux pour des vacances pour tous
Aujourd’hui, près de 40 % des enfants en France ne partent pas en vacances chaque année. À Nantes, le coût de la vie et les inégalités renforcent cette fracture. Partir, souffler, découvrir : c’est un droit, pas un privilège.
Dans notre ville, des milliers de parents, le plus souvent des femmes en situation de précarité, élèvent seules leurs enfants. Les aidant·es, c’est-à-dire les personnes qui s’occupent de proches malades ou dépendants, ressentent souvent la solitude, et parfois l’épuisement.
Notre réponse :
Créer des « lieux de répit » de proximité, sur le modèle de celui qui existait autrefois au Breil, afin d’offrir des solutions d’accueil ponctuel aux parents et aux aidants.
Ces espaces, encadrés par des professionnel·les et ouverts à l’entraide intergénérationnelle (personnes âgées accompagnant des enfants, adolescent·es soutenant des seniors), permettront à une mère isolée de souffler un week-end, à un parent de réaliser des démarches administratives, ou à un aidant d’avoir enfin quelques heures pour lui.
Créer des centres de séjour municipaux permettant à celles et ceux qui n’en ont pas les moyens de partir en vacances, de vivre du repos et de la détente. La mairie doit racheter des terrains de loisirs et des centres de vacances pour permettre des séjours sur un week-end ou une semaine.
9. Ouvrir des lieux dont les habitants ont les clés : ateliers, salles de réunion, sans péage, sans bureaucratie
À Nantes, avoir accès à des espaces de réunion ou encore faire des ateliers devient de plus en plus compliqué. Les espaces publics deviennent privés, et ceux qui restent publics sont peu accessibles. Pour réserver une salle municipale, il faut souvent s’y prendre trois mois à l’avance et fournir des détails (objet précis de la réservation, nombre de personnes, intention, …).
Notre réponse :
Créer des espaces municipaux gérés directement par les habitants, sans bureaucratie. Des ateliers, des salles de réunion, des cuisines collectives, des matériels partagés. Le modèle : on a les clés, on décide comment l’utiliser, on s’autogère.
10. Former des Equipes de Protection Multi-spécialisées pour protéger les nantais
À Nantes, les discours alarmistes de CNews (« Nantes est pire que Bogota ») et autres médias ou responsables politiques exagèrent largement la réalité pour justifier des mesures autoritaires. En termes statistiques, Nantes Métropole présente d’ailleurs le taux de violences le plus faible parmi les grandes villes françaises, avec 4,5 faits de coups et blessures pour 1 000 habitant·es, contre 5,8 en moyenne dans les métropoles.
Cependant, les transformations de Nantes, comme l’augmentation de la population, et l’augmentation des inégalités, ont accentué certaines tensions et renforcé les sentiments d’insécurité dans certaines zones. Face à cela, la majorité municipale, pressée par sa droite, a fait le choix d’une stratégie répressive — multiplication des caméras, renforcement policier, coopération avec le ministère de l’Intérieur — qui relève davantage d’une politique de communication que d’efficacité.
Notre réponse :
Créer et former des Équipes de Protection Multi spécialisées :
- 300 agent-es chargé-es de vraiment protéger les gens, aide aux sans-abris, médiation, prévention, intervention en cas de violences intrafamiliales.
- des équipes intervenant dans l’espace public, composées de médiateurs, d’éducateurs spécialisés, de spécialistes de la santé mentale et des addictions, de secouristes.
- assurer une présence rassurante dans l’espace public.
Nous portons également la création de maisons de la nuit, situées du Hangar à Bananes jusqu’à Bouffay, et dans les autres points inquiétants :
- avec une présence tout au long de la nuit, un endroit où l’on peut se poser, faire une halte, et demander à se faire accompagner si besoin.
Être rassurés la nuit, ça passe aussi par des mesures simples :
- Des parcours suffisamment éclairés,
- Le prolongement des horaires des transports jusqu’à 2h du matin toute la semaine, et toute la nuit le week-end, et la gratuité des transports de 20h à 5h.
Notre réponse :
Créer des espaces municipaux gérés directement par les habitants, sans bureaucratie. Des ateliers, des salles de réunion, des cuisines collectives, des matériels partagés. Le modèle : on a les clés, on décide comment l’utiliser, on s’autogère.
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