Et si Nantes, premier port négrier de France au XVIIIè siècle, accueillait un musée national de l’esclavage et des colonisations ?
Nantes est une ville dont la richesse s’est construite sur la traite négrière, sur l’exploitation coloniale, sur un système qui a déshumanisé pour accumuler.
Assumer cette histoire, ce n’est pas s’autoflageller. C’est refuser le mensonge.
Aujourd’hui, la mémoire est redevenue un champ de bataille.
Nous sommes entré·es dans une phase de négationnisme assumé :
- Les députés d’extrême droite et de droite cherchent à faire disparaître la réalité de la colonisation algérienne,
- Des journalistes qui disent la vérité de la violence de la colonisation sont sanctionnés,
- Un ancien premier ministre affirme que la colonisation ne serait pas un crime contre l’humanité.
Malgré son rôle central dans la traite négrière, la France n’a toujours pas de musée national consacré à cette histoire.
Annoncé en 2016 par François Hollande, ce projet est resté lettre morte.
Nantes, premier port négrier de France, devrait en être la terre d’accueil.
Un travail de mémoire important a été engagé dans cette ville. Mais tout n’a pas été dit.
Et il nous faut aller plus loin.
NOUS VOULONS UN MUSÉE QUI SOIT À LA FOIS UN LIEU DE MÉMOIRE ET UN LIEU D’HISTOIRE.
Nous souhaitons que ce musée soit à la fois un lieu de mémoire et d’histoire, qui mette autant en avant le rôle des résistances des noirs, que le rôle des abolitionnistes blancs.
Un musée qui lève le voile sur le Code noir, cet ensemble de textes juridiques qui ont fait des noirs des “biens meubles”.
Un musée qui parle des traces et des héritages de l’esclavage après son abolition, notamment la perpétuation de l’exploitation humaine dans les colonies françaises, et aussi après…
Nous voulons créer ce musée de l’esclavage et des colonisations au CAP 44, aujourd’hui transformé en “Cité des imaginaires – grand musée Jules Verne”, vitrine culturelle dans un ancien quartier industriel et ouvrier dont on efface progressivement l’identité, au profit d’un récit urbain lisse.
Tout en glorifiant Jules Verne – auteur monarchiste orléaniste, raciste et ouvertement antisémite, qui ne cachait son dédain pour Nantes.
Nantes a une responsabilité particulière.
À partir de son sombre passé, elle peut raconter une autre histoire.
