La ville de Nantes se targue d’avoir rendu accessibles 170 établissements recevant du public. La réalité, c’est que 40 établissements municipaux sont encore en attente d’attestation, que la ligne 2 du tram reste quasi inaccessible pour les personnes à mobilité réduite, et que les Proxibus — censés compenser ces lacunes — imposent des délais de réservation allant jusqu’à 15 jours. Pour beaucoup de Nantaises et Nantais en situation de handicap, la ville n’est tout simplement pas praticable.
Ce n’est pas faute de loi. Depuis 2005, la législation oblige les communes à rendre leurs bâtiments, leur voirie et leurs transports accessibles à toutes et tous. Vingt ans plus tard, Nantes n’a toujours pas fait le bilan public de son application. On communique sur les avancées, on tait les retards. Ce n’est pas de l’accessibilité, c’est de l’affichage.
Un problème de pilotage politique
Il n’y a aujourd’hui aucune élue référente clairement identifiée sur le handicap à Nantes, aucune feuille de route publique, aucun budget fléché. Les politiques touchant à l’accessibilité sont éparpillées entre l’urbanisme, les transports, le logement, l’éducation — sans personne pour les coordonner ni en rendre compte.
Nous désignerons une adjointe à l’accessibilité et aux droits des personnes en situation de handicap, avec un mandat transversal, une équipe dédiée, et une obligation de résultats présentée chaque année en conseil municipal.
Un plan pour rattraper le retard, pour de vrai
On ne peut pas continuer sans diagnostic sérieux. Nous mettrons en place un plan pluriannuel chiffré, fondé sur un état des lieux public et contradictoire de l’accessibilité réelle — pas celle que la communication municipale veut bien montrer. Priorités : les écoles, les services publics, les équipements de santé. Avec un calendrier, une ligne budgétaire identifiée, et un bilan annuel.
La première étape du mandat sera simple et non négociable : faire le point public sur l’application de la loi du 11 février 2005 à Nantes — bâtiments, voirie, transports, écoles — et en tirer un plan de rattrapage.
Dans la rue, dans les transports, dans les logements
Sur la voirie, nous lancerons un diagnostic rue par rue, réalisé avec les personnes concernées. Abaissés de trottoirs, continuité des cheminements, traitement des obstacles, signalétique lisible : ce sont des travaux concrets, pas des études de plus.
Sur les transports, nous demanderons la mise en accessibilité des arrêts structurants et l’amélioration réelle des Proxibus : délai de réservation ramené à un minimum acceptable, amplitude horaire élargie, priorité donnée aux trajets emploi-santé-scolarité.
Sur le logement, les pannes d’ascenseur dans les HLM enferment littéralement des personnes chez elles. Nous intégrerons dans nos exigences envers les bailleurs sociaux une obligation de maintenance rapide, et nous ferons de nos 10 000 T1 un levier pour produire de vrais logements accessibles et modulables, avec un repérage clair dans le parc social.
À l’école, ni renoncement ni demi-mesures
Des familles renoncent à inscrire leurs enfants en situation de handicap en centre de loisirs ou à la cantine, faute de moyens humains et de lieux adaptés. Ce n’est pas acceptable.
Nous garantirons l’accessibilité physique des écoles, cantines et centres de loisirs, et recruterons les effectifs nécessaires : animatrices et animateurs inclusion, ATSEM supplémentaires avec une formation renforcée à l’accompagnement des enfants en situation de handicap. L’accueil de ces enfants sera une priorité explicite du service public d’éducation populaire que nous portons.
La ville doit être exemplaire sur l’emploi
En France, le taux de chômage des personnes en situation de handicap tourne autour de 12%. La mairie de Nantes, elle, ne publie même pas de chiffre clair sur le respect du quota légal de 6% de travailleurs handicapés dans ses effectifs. Une ville qui ne se soumet pas à la transparence sur ce sujet n’a aucune leçon à donner.
Nous fixerons un objectif de dépassement du quota légal, développerons le recrutement sur tous les métiers municipaux, et intégrerons des clauses sociales incluant le handicap dans les marchés publics.
Les personnes concernées décident, elles ne sont pas consultées en bout de chaîne
Trop souvent, les Nantaises et Nantais en situation de handicap et leurs associations sont appelés à valider des décisions déjà prises. Nous organiserons une consultation locale dès les premiers mois du mandat, pour cartographier les besoins réels et prioriser les actions avec elles et eux — pas pour elles et eux.
Le Parlement des Quartiers sera un espace où ces sujets seront travaillés en formats réellement accessibles : LSF, FALC, horaires et lieux adaptés, avec un vrai travail d’aller vers.
Nantes peut être une ville hospitalière — pour toutes et tous, sans condition de validité. C’est un choix politique. Nous le faisons.
