Ces dernières années, les logements sont devenus beaucoup trop chers.

Le problème

Les prix des logements ont explosé à Nantes.

Entre 2010 et 2022, les prix à la vente des logements anciens autour de Nantes ont augmenté de 55%, tandis que les loyers ont explosé dans la commune, avec une augmentation de 9,6 % rien qu’en 2024. Aujourd’hui, les T1 proposés à la location dépassent largement les 17 €/m²/mois, rendant le logement locatif de plus en plus inaccessible.

Conséquence :
→ de plus en plus de Nantaises et de Nantais n’arrivent plus à se loger dans des conditions correctes. Cela nous pousse à accepter des logements trop petits, de mauvaise qualité, ou très éloignés de notre lieu de travail, de notre famille. Nous sommes trop nombreux à vivre dans des logements mal isolés, trop humides, … faute de pouvoir trouver mieux avec nos moyens.

→ de plus en plus d’entre nous se précarisent, et cela crée des inégalités insoutenables.
D’un côté, les logements de luxe à plus de 1 million d’euros se multiplient, tandis que plus de 3 500 personnes vivent en bidonvilles à quelques kilomètres seulement.

→ de plus en plus d’entre nous n’arrivent plus à se loger à Nantes et partent.
À commencer par celles et ceux qui font vivre Nantes : ceux qui la construisent, qui prennent soin de la ville, les ouvriers et ouvrières agricoles, les travailleurs de la logistiques, les personnes, surtout des femmes, qui s’occupent de nos anciens, de nos enfants, des malades, du ménage à la toilette…

 

Les classes populaires sont progressivement évincées de Nantes !

Ce que nous constatons autour de nous, nous le voyons aussi dans les statistiques. La part d’ouvriers dans le département est restée relativement stable, tandis qu’elle chute dans la commune de Nantes. De l’autre côté, la part des classes supérieures à Nantes augmente quatre fois plus vite que le reste de la population. Autrement dit, on vit sur un territoire qui tend à se ségréguer plus vite que dans les autres métropoles !

 

Ce phénomène n’est pas naturel. 

C’est la conséquence de choix politiques, ceux de faire monter la ville en gamme en attirant des cadres et des entreprises venus d’autres métropoles. Récemment, la mairie a accueilli en grande pompe Doctolib, dans un ancien hangar Alstom. À chaque fois qu’une entreprise comme celle-ci s’installe ici, ce sont des dizaines voire des centaines de cadres qui arrivent avec les standards de prix et de salaire de Paris, et sont prêts à négocier à la hausse les loyers et le prix de vente des appartements.

C’est aussi la conséquence du renoncement à mener une politique de logement exigeante qui permette aux classes populaires de pouvoir continuer à vivre ici.

Pendant ce temps, les quartiers bien situés subissent la gentrification : les classes populaires du centre-ville, du Champ de Madeleine, de République, et progressivement Dalby ou Doulon, tendent à disparaître à cause du coût de la vie, des commerces qui ne sont plus pour eux. Une population vient en remplacer pour eux. Sans possibilité de vivre ensemble.

Les quartiers populaires subissent les politiques de rénovation urbaine : au nom de la « mixité sociale », on détruit massivement des logements sociaux, qui ne sont pas non plus reconstruits ailleurs. Ceux qui sont rénovés sont remis en location plus cher.
La ville se standardise, s’homogénéise, se lisse. 

 

Nos logements ne devraient pas être des marchandises !

La concentration immobilière en France dans les mains de quelques-uns est toujours plus forte, soutenue par les dispositifs d’avantages fiscaux de l’État. 

3,5 % des ménages détiennent 50 % des logements qui sont loués en France et détiennent plus de 5 logements chacun

Les classes populaires, elles, sont de moins en moins propriétaires de leur logement et y consacrent 30 à 50 % de leurs revenus, ce qui ne fait qu’empirer ces dernières années… 

La tendance est bien là : ceux qui exploitent notre travail sont souvent les mêmes qui font des profits sur notre dos en tant que locataires. 

Parfois de façon directe : les gros agro-industriels de Loire-Atlantique font venir des immigrés pour travailler dans leurs champs, tout en leur louant des logements sur place. Ils versent ainsi un salaire qu’ils récupèrent pour partie sous forme de loyers… 

Le logement est considéré comme un support d’investissement alors que c’est un besoin vital. 

Il y a ceux qui en profitent et que la mairie chouchoute 

Depuis des années la mairie de Nantes et la métropole favorisent les promoteurs et investisseurs privés au détriment des habitant-es ! 

→ En retardant au maximum le plafonnement des loyers par la loi Elan de 2018, qui n’est toujours pas appliquée à Nantes alors qu’elle l’est dans la plupart des grandes villes du pays…  La maire, Johanna Rolland, a repoussé son application encore et encore. Maintenant que les loyers sont devenus extrêmement très chers, elle va probablement annoncer sa mise en place au moment des élections, comme par magie !

→ En créant des ZAC dans lesquelles la métropole revend du foncier acquis à des sommes très faibles, à des promoteurs qui vont faire une plus-value énorme dans les ventes des appartements. Pourquoi ne pas conserver le foncier public pour lutter contre la spéculation foncière et donc immobilière ? C’est le cas seulement pour quelques centaines de logements, via le Bail Réel Solidaire.

 → En refusant de prendre le parti des habitant-es dans des conflits entre des promoteurs et le voisinage, laissant les habitant-es à la merci des prédations et dépossédant les habitant-es de leur quartier. Nous recevons régulièrement des témoignages de personnes, souvent âgées, harcelées par des promoteurs qui veulent racheter et détruire leur maison.

 → En favorisant les opérations sur des friches ou d’anciennes terres maraîchères comme dans le Vieux Doulon avec la ZAC Doulon-Gohards ou à la Beaujoire avec la ZAC du Champ de Manoeuvre. Pourquoi ? Parce que ce sont des opérations bien plus juteuses pour les promoteurs que de construire dans des zones déjà aménagées ou bien de rénover ou transformer des bureaux en logements. 

→ En sauvant la mise aux promoteurs par le rachat des logements invendus parce que trop chers par les bailleurs sociaux, donc Nantes Métropole Habitat, le plus gros de la métropole. 

 

Sur les HLM

 Le logement social doit répondre à une partie du problème.

C’est le seul point positif de la politique nantaise : la commune compte 36000 logements sociaux. La mairie communique allégrement sur les 30% de logements sociaux prévus dans les nouvelles constructions.

Dans la pratique, les locataires de HLM ont beaucoup à dire. D’abord parce que beaucoup de logements sociaux sont laissés en mauvais état, en particulier ceux qui sont destinés à être vendus.
Les services de réparation et d’entretien ont été massivement externalisés, et le contact avec les bailleurs sociaux est souvent difficile, avec des expériences de discrimination, et notamment du raciscme.

Tandis que les objectifs de construction sont rarement atteints, les organismes HLM vendent et détruisent des milliers de logements sociaux (sous la pression de l’Etat et des politiques de rénovation urbaine). Ces organismes, comme Nantes Métropole Habitat, ou La Nantaise d’Habitation, ont dépensé plus d’un milliard d’euros ces trois dernières années en Loire-Atlantique pour aider les promoteurs privés en difficulté.

 

Les limites du social-libéralisme à la nantaise

Nantes a choisi de n’intervenir que pour permettre au marché de l’immobilier de se déployer. Il est temps de changer de paradigme ! La métropole et la mairie doivent intervenir dans l’intérêt des habitant-es et les protéger.

Leur seul discours, c’est construire plus, pour que l’offre rattrape la demande. Mais la logique libérale du marché ne fonctionne pas, et nous emmène dans le mur.

Alors que la demande a un peu ralenti, les loyers continuent d’augmenter, et les prix des immeubles neufs dépassent les 5000€/m². Pour que les prix baissent, il faudrait construire sans les marges très fortes des promoteurs, et en maîtrisant les coûts du foncier (qui souvent est public à un moment du processus, notamment dans le cas de l’île de Nantes ou des ZAC).
c’est anti-social : les promoteurs gagnent plus en construisant des logements de luxe, ou de bon standing, destinés aux classes supérieures. Donc le prix global ne baisse pas, ou à la marge, même quand la demande baisse.
c’est anti-écologique (il faut toujours produire plus de logements neufs avec du béton alors que nous devrions cesser d’artificialiser les sols). Le GIEC Pays de la Loire préconise ainsi d’arrêter de bétonner les terres naturelles, pour enrayer le dérèglement climatique, et ne pas aggraver la situation localement, en préservant les terres naturelles et les zones humides.

La mairie doit intervenir beaucoup plus directement, avec un objectif simple : faire baisser le prix des logements !

 

 

Notre proposition

La mairie doit intervenir beaucoup plus directement, avec un objectif simple : faire baisser le prix des logements ! 

Nous proposons la création d’une agence avec plusieurs missions :

Mission N°1 : Mettre en place et contrôler le plafonnement des loyers

  • Annoncé en 2021, il n’est toujours pas en place. Entre-temps, les loyers continuent d’augmenter.

 

Mission N°2 : le « FBI du logement pourri »

  • Les propriétaires sont en position de force, pour demander toujours plus de garanties, négocier les prix à la hausse, ou louer des passoires thermiques. L’Agence interviendra pour soutenir les locataires face aux mauvais bailleurs !

 

Mission N°3 : Construire 10 000 Logements à bas prix

  • dans des résidences avec une vie collective, des services et des espaces partagés,  sans artificialiser des terres.

     

  • parce que la spéculation immobilière est énorme sur ce type de logement, nous voulons l’enrayer.

Mission N°4 : Assurer une promotion immobilière publique qui maintient le foncier public

Pour arrêter de gaver les promoteurs, et lutter contre la spéculation foncière.

Mission N°5 : Proposer directement des annonces de location. 

  • avec une garantie sociale sur les loyers.
  • sans discrimination.

 

Mission N°6 : Proposer de grands logements

  • pour des familles et des colocations, dans des T5 et T6. 

 

Objectifs :

  • Créer un choc des prix à la baisse.
  • Stopper la spéculation immobilière sur les studios dont les prix atteignent des sommets (+ de 18 €/m2) 
  • Libérer les grands logements transformés en plusieurs studios (parce que c’est plus rentable) pour permettre aux familles de rester vivre à Nantes !