Lundi soir, la neige a recouvert la ville de Nantes. Tout à coup, les passants se sont mis à se parler, à faire des bonhommes de neige, et profiter de la féérie du moment. On en gardera de belles images pittoresques bien sûr, mais n’oublions pas la réalité brutale : des dizaines de personnes ont encore dormi dehors, dans le froid.
Si la préfecture a ouvert quelques places supplémentaires, le plan grand froid n’est pas à la hauteur et laisse encore des gens à la rue, la nuit, et aussi toute la journée alors qu’il fait -2°C.
On ne le redira jamais assez : la maire de Nantes doit avoir le courage de réquisitionner les logements vacants pour répondre à l’urgence.
On pense aussi aujourd’hui à toutes les personnes qui ont subi la situation. Des milliers de foyers sont privés de chauffage à Nantes et d’autres sont privés d’électricité en Loire-Atlantique. Des canalisations ont sauté à Nantes : des centaines de Nantais-es vivant sur l’île de Nantes ou encore à Malakoff se retrouvent sans chauffage jusqu’au 9 janvier.
Nous sommes des milliers à avoir galéré à aller au travail ou à en revenir hier soir – des agents de la Tan ont même dormi dans les dépôts. Toutes les écoles n’ont pas pu prendre en charge les enfants…
On ne peut pas mettre la responsabilité de toutes les conséquences de cet épisode sur la mairie et la métropole. En revanche, la neige était annoncée, 12h en amont. Les déplacements auraient au moins pu être anticipés.
Et ce n’est que le début…
Avec les dérèglements climatiques, les événements climatiques extrêmes se multiplient. Cela impose qu’on se mobilise vraiment, dès maintenant.
Outre les épisodes de neige, les inondations risquent d’être de plus en plus récurrentes. Pourtant, on le sait, Nantes n’est pas prête en cas d’aléas climatiques.
Sur ces deux dernières années, on peut dénombrer pas moins de 6 inondations, qui ont paralysé le périphérique nantais, empêché la circulation sur les voies de tramway, engendré de nombreux relogements et inondé plusieurs sous-sols.
Et quelle réponse de la mairie ?
Bétonner encore et toujours les zones humides, empirant les conséquences des inondations sur les habitant-es. Ce sont 25 hectares de terres fertiles sacrifiées à Doulon Gohards. À Paridis, l’extension de la zone commerciale met en danger une nappe phréatique. C’est aussi le Centre de Rétention Administrative que l’Etat veut construire au Champ de Manœuvre, sur une zone humide protégée, en tête de bassin versant. Cela accroît le risque d’inondation et détruit des îlots de fraîcheur précieux en été. On multiplie les projets anti-écologiques, qui en plus, ont bien souvent une dimension raciste, comme le CRA ou l’expulsion des Roms.
Préparons la ville aux dérèglements climatiques : fortes chaleurs, inondations, épisodes de grand froid.
Soutenons la solidarité.
Réquisitionnons les logements vacants pour répondre aux urgences.
Décrétons un moratoire sur les grands projets et stoppons le CRA.
Changeons de modèle.
